Faire des affaires en Suisse

Le marché suisse est un marché difficile : s’il a l’avantage d’être partiellement francophone, il est par contre culturellement assez protectionniste, tout en cédant peu à peu, faute de production nationale dans de nombreux secteurs.

Chaine de montagne illuminées avec une projection du drapeau suisse, la nuit

La Jungfrau, un des symboles de la Suisse

Par contre, la forte réévaluation du franc suisse qui a eu lieu début 2015 a donné un avantage important (de 20%, le montant de la réévaluation) aux entreprises qui souhaitent exporter des biens et des services en Suisse.

Exporter vers la Suisse

Le marché suisse, donc, est exigeant, mature, habitué à un haut niveau de qualité. Il est difficile de concurrencer les produits suisses ainsi que, dans nombre de domaines, les produits allemands.

Par contre, certains produits français sont très appréciés : si les Suisses produisent des vins blancs et jaunes de qualité, leurs cépages sont nettement plus limités qu’en France, et les vins français, particulièrement les Bordeaux et les Bourgognes, ont trouvé un public fidèle.

Le savoir-faire français en matière d’hôtellerie et de restauration est aussi recherché. En dehors de l’hôtellerie de luxe, le secteur du réceptif peine à évoluer en Suisse, de nombreux établissements sont anciens, avec un marketing peu adapté aux besoins des nouveaux clients : une société de prestation de service au CHR aura du succès (et les professionnels peuvent trouver du travail sans difficulté). Le matériel d’hôtellerie et de restauration est aussi très apprécié.

Cosmétiques et produits de beauté sont le troisième gros marché où les produits français sont appréciés. C’est un marché en plein développement, avec une forte demande pour des produits haut-de-gamme.

Néanmoins, en dehors de la concurrence directe avec les produits locaux, quand l’offre est suffisante (ce qui n’est plus le cas de la production agricole), tous les produits auront leur chance, si l’entreprise exportatrice se donne le temps de prouver sa qualité.

Les normes et surtout la réglementation sur l’étiquetage sont très détaillées, et parfois différentes de celles édictées par l’Europe. Consulter un avocat qui connait bien les marchés français et suisse (idéalement, un avocat installé à Genève ou Lausanne) évitera bien des problèmes.

Installer son entreprise en Suisse

En dehors de l’aspect de la valorisation du franc Suisse, le pays est attirant, en particulier pour les frontaliers. Pour celui dont les activités sont essentiellement tournées vers la Suisse, ou alors à l’international, une société est relativement facile à créer.

Les formes de sociétés sont à peu près équivalentes à celles existantes en France, à l’exception de la SARL d’associé unique, ou de l’autoentrepreneur, qui n’existent pas et qui sont remplacés par la société unipersonnelle. Malgré la similitude de nom avec la SARL d’AU, il s’agit d’une entreprise « unipersonnelle physique », liée à la personne, qui est responsable de façon illimitée sur ses biens propres. Ce dernier type d’entreprise est réservé aux Suisses ou aux titulaires d’un permis de séjour permanent, dit permis C.

Les charges sociales sont nettement plus légères qu’en France, la législation du travail est nettement plus souple, aucune représentation du personnel n’est requise en dessous de 50 personnes.

Côté impôt sur les sociétés, état fédéral oblige, la situation est un peu compliquée, chaque canton et même chaque commune ayant la capacité de lever l’impôt. En réalité, les incitations fiscales sont nombreuses, le taux effectif d’IS dans les grands cantons tourne autour de 24%, mais le canton de Zoug fait du dumping fiscal interne à 13% !

Par contre, les obligations comptables sont extrêmement pointilleuses.

De plus, même si le processus de création reste simple, les coûts sont assez élevés. Il est en effet obligatoire de passer par un notaire (un avocat ne suffit pas, comme en France). Le concept de société à un euro n’est pas non plus arrivé en Suisse, le capital social minimum d’une SARL est de 2.000 francs suisses, libérés au minimum à 50%.

S’adapter à la culture locale

Si la Suisse compte encore en septante et en octante, ce n’est pas la seule différence. Pour être accepté localement, il faut éviter de se comporter en français arrogant, tenir compte du bilinguisme, par exemple.

La Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Suisse de la France Comté a édité un petit guide pdf, qui comprend pas mal d’aspects anecdotiques, mais insiste bien sur les adaptations culturelles nécessaires.