Vous êtes humain ? Inutile de postuler !

Cette vidéo (malheureusement pour vous tout en anglais) pose de façon claire et argumentée les menaces qui pèsent sur l’emploi du fait d’une automatisation de plus en plus importante, et d’une « intelligence » de plus en plus grande des robots. Elle buzze beaucoup dans le monde anglo-saxon, parce qu’elle est provocante.

« Humans need not apply » dresse un tableau pessimiste d’une civilisation où la double logique de rentabilité et de sécurisation va pousser de plus en plus l’homme sur le côté : les robots feront de plus en plus facilement, pour moins cher, des tâches de plus en plus complexes, et cela mieux que l’homme, même si ce n’est pas de façon parfaite.


Un taux de chômage qui frise les 50% de la population

Alors que la Grande Dépression américaine des années 30 avait connu un taux de chômage de 25%, que la crise qui a débuté en 2009 en Europe celle des sub-primes a généré un taux de chômage maximum de 30% en Espagne et en Grèce (27,9% exactement pour la Grèce), les analystes de cette vidéo pronostiquent un taux de chômage général de l’ordre de 45%.

Comment ?

Voici la traduction en français de la vidéo « Humans need not apply ».

La race humaine devait chasser et pratiquer la cueillette pour survivre. Mais les humains sont paresseux ET intelligents, aussi nous avons fabriqué des outils pour nous faciliter le travail. Du bâton au soc, du soc au tracteur, nous sommes passés d’une situation ou toute la population devait travailler à produire de la nourriture à l’agriculture moderne qui n’a besoin de quasiment personne pour produire cette nourriture – que nous avons pourtant toujours en abondance.

Bien sur, cela ne s’applique pas seulement aux travaux de la terre. Nous avons passé les derniers millénaires à construire des outils pour diminuer les travaux physiques de toute sorte. Ces sont des muscles mécaniques – plus forts, plus fiables et moins faciles à fatiguer que ne pourront jamais l’être les muscles humains.

Et c’est une bonne chose. Le remplacement du travail humain par ces muscles mécanique libère les gens qui peuvent se spécialiser et tout le monde en profite, même ceux qui ont encore des professions manuelles. C’est ainsi que l’économie peut croître et le niveau de vie s’élever.

Certaines personnes se sont spécialisées pour devenir des programmeurs et des ingénieurs, dont le travail est de construire des cerveaux mécaniques. De la même façon que les muscles mécaniques ont diminué la demande pour le travail manuel humain, les cerveaux mécaniques vont diminuer le recours au travail intellectuel humain.

C’est une révolution économique. Vous pouvez penser que nous avons déjà vécu cela auparavant. Mais ce n’est pas le cas.

Cette fois-ci c’est différent.

Le travail manuel

Quand vous pensez « automatisation« , vous voyez sans doute ceci : des robots géants, spécialisés dans des tâches auxquelles ils sont dédiés, chers, efficaces mais de vrais robots stupides, imperméables au monde et à leur propre travail. C’était une sorte d’automatisation effrayante, mais ils ne se sont pas répandus dans le monde, parce qu’ils n’était profitables que dans quelques situations très spécifiques.

Ils sont représentatifs de l’ancienne automatisation, et il y en a une nouvelle sorte.

Laissez-moi vous présenter Baxter.

A la différence de ces machines qui ont besoin d’opérateurs qualifiés et de techniciens et de millions de dollars, Baxter est doté d’une vision et peut apprendre ce que vous voulez lui faire exécuter en vous regardant le faire. Et il coûte bien moins que le salaire annuel moyen d’un travailleur humain. A la différence des ses frères ainés, il n’est pas pré-programmé pour un travail spécifique, il peut manipuler n’importe quelle chose à la portée de ses bras. Baxter est ce qu’on pourrait appeler un robot généraliste, et « généraliste » est un mot très important.

Pensez aux ordinateurs, eux aussi ont été, au début, extrêmement chers et hautement spécialisés, mais dès qu’une génération d’ordinateurs à puces, généralistes, est apparue, ils sont devenus des auxiliaires indispensables.

Un ordinateur généraliste peut tout aussi facilement calculer un taux de change, attribuer des sièges dans un avion, servir de partenaire dans un jeu ou faire n’importe quoi d’autre simplement en changeant de logiciel. Et cette immense demande pour des ordinateurs de toute sorte est justement ce qui d’en produire de plus puissants et moins chers, d’année en année.

Aujourd’hui, Baxter est l’ordinateur des années 80. Il n’est pas le robot plus abouti, juste un commencement. Même si Baxter est lent, son coût horaire n’est que de quelques centimes d’électricité, alors que ses concurrents de chair coûtent un salaire minimum. A un dixième de sa vitesse actuelle, il est encore profitable en termes de coûts, puisqu’il moins cher dans un rapport de un à plusieurs centaines. Et bien que Baxter ne soit pas aussi intelligent que certaines « choses » dont nous allons parler après, il est toujours assez intelligent pour exécuter de nombreux travaux faiblement qualifiés.

Nous avons déjà vue que des robots plus stupides que Baxter peuvent remplacer des travailleurs. Dans les nouveaux supermarchés, là où on avait trente caissiers, on a maintenant un être humain supervisant trente robots de caisse.

Ou les centaines de milliers de serveurs employés dans le monde ? Il va bientôt y avoir un robot pour les remplacer. Bien sûr, peut-être que votre serveur prépare votre double-mocha-truc-chose tellement parfaitement que vous ne feriez confiance à personne d’autre  – mais des millions de gens s’en moquent totalement et veulent juste une tasse de café. Oh, au fait, ce robot est en fait un réseau géant de robots qui se souviennent de qui vous êtes et de comment vous appréciez votre café, où que vous vous trouviez. Plutôt pratique, non ?

Nous envisageons le changement technologique comme de nouveaux objets séduisants et chers, mais le vrai changement passe par les objets de la décennie précédente qui deviennent plus rapides et plus économiques. C’est ce qui se produit en ce moment avec les robots. Et parce que leur intelligence artificielle est capable de prendre des décisions, ils surpassent les travailleurs humains d’une façon qui n’a jamais été possible pour les muscles mécaniques.

Les chevaux luddites

(Le luddisme est un conflit industriel violent du début du XIX° au cours duquel les ouvriers anglais ont cassé de nombreuses machines)

Imaginez un couple de chevaux du début des années 1900 discutant de la technologie. L’un d’eux s’inquiète de tous ces nouveaux muscles mécaniques qui vont rendre les chevaux inutiles.

L’autre lui rappelle que, jusqu’à maintenant, tout ceci a rendu leurs vies plus faciles. Tu te souviens du travail à la ferme ? Tu te souviens comme on courrait de relais en relais pour livrer le courrier ? Tu te souviens quand on devait aller en guerre ? Tout ça était terrible. Ces boulots citadins sont plutôt faciles – et avec tellement d’humains habitant en ville, il y a encore plus de boulot pour les chevaux qu’avant.

Même si ce truc de voiture finit par prendre, il y aura des nouveaux emplois pour les chevaux qu’on ne peut pas imaginer maintenant.

Mais toi, cher lecteur des années 2000, tu sais ce qui s’est passé – il y a encore des chevaux qui travaillent, mais rien de comparable au passé. La population chevaline a atteint son pic en 1915 et n’a cessé de diminuer depuis.

Il n’y a pas de loi économique qui édicte qu’une technologie plus performante produit plus et de meilleures tâches pour les chevaux. Cela sonne même étonnamment stupide quand on l’exprime à voix haute. Remplacez les chevaux par les humains et soudainement les gens pensent que c’est une vérité.

De la même façon que les muscles mécaniques ont chassé les chevaux hors du champ économiques,l’intelligence artificielle fera la même chose aux êtres humains. Pas tout de suite, pas partout, mais dans des proportions suffisantes et suffisamment rapidement pour que cela soit un énorme problème si nous n’y sommes pas préparés. Nous n’y sommes pas préparés.

Vous, à l’instar du second cheval, pouvez regarder l’état d’avancement de la technologie actuelle et penser qu’elle ne peut pas remplacer votre capacité de travail. Mais la technologie évolue, devient meilleure, moins chère, plus rapide à une vitesse qui dépasse les possibilités de l’évolution psychologique.

Et tout comme la voiture a été le début de la fin pour le cheval, la voiture, maintenant, nous montre ce qui nous attend.

Les automobiles

Les voitures qui se déplacent toutes seules ne sont pas l’avenir, elles existent maintenant et elles fonctionnent. Les voitures sans chauffeur ont parcouru des centaines et des milliers de kilomètres sur les routes de Californie et à travers ses villes – tout cela sans intervention humaine.

La question n’est pas de savoir si elles vont remplacer les voitures actuelles, mais à quelle rapidité. Elles n’ont pas besoin d’être parfaites, elles ont juste besoin d’être meilleures que les conducteurs humains. A propos, Les conducteurs humains tuent 40.000 personnes par an uniquement sur les routes des États-Unis. Étant donné que les voitures sans chauffeur ne détournent pas des yeux, n’envoient pas des textos en conduisant, ne s’endorment pas au volant, ne font pas de bêtises, il est facile de se les imaginer comme de meilleurs conducteurs que les êtres humains : ce sont des meilleurs conducteurs.

Maintenant, décrire les voitures sans chauffeur comme des voitures, c’est faire la même erreur d’estimation que celle consistant à appeler les premières voitures des « chevaux mécaniques ». Appelons les voitures sans chauffeurs ce qu’elles sont réellement :

des Autos.

Les Autos : la solution à la problématique du transport des objets d’un point A à un point B. Les voitures traditionnelles sont adaptées au transport des humains, mais de petites Autos peuvent travailler dans les entrepôts et des autos gigantesques peuvent travailler dans des puits de mine. Le transport représente un nombre incalculable d’emplois, aux Etats-Unis environ trois millions. En extrapolant cela au monde entier, cela représente au bas mot soixante dix millions d’emplois.

Ces emplois sont condamnés.

L’argument habituel : les syndicats vont empêcher cela. Mais l’histoire est remplie d’ouvriers qui ont combattu les technologies destinées à les remplacer, d‘ouvriers qui ont toujours perdu.

La logique économique a toujours le dernier mot, et des nombreuses industries sont très fortement incitées à adopter les autos.

Pour beaucoup de sociétés de transports, le travail humain représente un tiers des coûts. Il s’agit là uniquement des coûts salariaux. Les routiers qui dorment dans leur camions sur les trajet longue distance coûtent du temps et de l’argent. Les accidents coûtent de l’argent. Les erreurs d’attention coûtent de l’argent. Si vous croyez que les compagnies d’assurance vont s’y opposer, devinez quoi ? Pour elle, le conducteur idéal est celui qui paye une petite prime mais qui n’a jamais d’accident.

Les Autos arrivent, et ce sera la première fois que les gens vont assister à un changement de société en profondeur du fait des robots. Mais il y a de nombreux autres secteurs économiques où la même évolution se produit, simplement plus discrètement.

Ce qui arrive avec les autos arrive pour tout le reste.

Ce qui est à venir

Il est très facile de regarder les Autos et Baxter et de se dire : la technologie a toujours fait disparaître les emplois peu qualifiés, que nous ne voulons pas voir exécuter par les humains, de toute façon. Ils vont devenir plus éduqués et avoir de meilleurs emplois – comme cela a toujours été le cas.

Même en faisant abstraction du « comment faire bénéficier une centaine de millions de personnes de plus d’une éducation supérieure« , les emplois des cols blancs ne sont pas sécurisés non plus. Si votre travail consiste à vous asseoir en face d’un écran, taper sur un clavier et cliquer – ce que vous êtes peut-être en train de faire maintenant – les robots vont venir pour vous aussi !

Les robots logiciels sont à la fois immatériels et beaucoup plus rapides et économiques que les robots matériels. Étant donné que les cols blancs, dans une entreprise, sont à la fois plus chers et plus nombreux – l’incitation à l’automatisation de leur travail est plus grande que pour les travaux non-qualifiés.

Et c’est exactement à cela que se consacrent les ingénieurs en automatisation.Ils sont des programmeurs talentueux dont l’unique travail consiste à remplacer votre emploi par un robot.

Vous pouvez pensez que mêmes les plus intelligents des ingénieurs en automatisation ne pourraient pas réaliser un robot pour exécuter votre travail – vous pourriez avoir raison – mais les techniques les plus avancées de l’intelligence artificielle ne produisent pas des programmes super-intelligents pour programmer des robots. Elles produisent des programmes super-intelligents qui programment des robots qui apprennent tout seuls à faire des choses que les programmeurs ne pourraient jamais leur apprendre.

La façon dont cela fonctionne est au-delà des limites de cette vidéo, pour résumer rapidement, il y a un nombre limités de façons d’apprendre à un robot comment faire des choses : montrez-lui un certain nombre de tâches correctement exécutées et il peut comprendre comment faire le travail.

Et même uniquement avec un objectif et pas d’exemple de façon de faire, les robots peuvent encore apprendre. Prenez par exemple la Bourse, qui, en bien des aspects, n’est plus une entreprise humaine. Elle est principalement constituée de robots qui apprennent à échanger des actions avec d’autres robots qui s’auto-forment.

Répétons-le : il ne s’agit plus de robots exécutant des ordres donnés par leurs contrôleurs humains, il s’agit de robots prenant des décisions d’achat et de vente de leur propre chef.

Le résultat : la Bourse de New-York n’est plus une salle remplie de traders faisant leur boulot : c’est essentiellement des écrans de télé.

Ainsi les robots ont appris les marchés, les robots ont appris à écrire. Si vous avez acheté un journal, dernièrement, vous avez sans doute déjà lu un papier écrit par un robot. Il y a des sociétés qui apprennent aux robots à écrire n’importe quoi : des reportages de sport, des rapports de test et même ces rapports trimestriels que vous écrivez.

Paperasse, prise de décision, écriture – beaucoup d’emplois humains réalisent cela, et la demande d’employés dans ces secteurs est déjà en chute. Mais sûrement, les professions libérales n’ont rien à craindre des robots ? N’est-ce pas ?

Les métiers intellectuels et les professions libérales

Quand on vous dit « juriste », il est facile de penser « procès ». Mais la grande majorité des juristes, en réalité, prépare des documents juridiques expliquant les résultats probables d’un procès, ou font quelque chose qu’on appelle « de la recherche« , ce qui consiste à analyser des caisses de papiers déversées sur leur bureau pour y trouver quelque chose d’anormal.

Tout cela peut être fait par des robots. La recherche, en particulier, n’est déjà plus faite par des cerveaux humains dans de nombreux cabinets. Non parce qu’on n’a plus de paperasse à examiner, il y en a encore plus que jamais, mais parce que des robots de recherche parcourent intelligemment des millions d’emails, de notes internes et de relevés de comptes en quelques heures au lieu d’y passer des semaines – surpassant leurs collègues humains non seulement en rapidité et en coût, mais aussi – c’est encore plus important – en exactitude. Les robots n’ont pas les paupières qui s’alourdissent en parcourant un million de mails.

C’est la partie simple du travail : IBM a un robot, appelé Watson que vous avez peut-être vu, à la télévision, en train de battre des humains dans le jeu Jeopardy. C’était juste un petit projet amusant pour lui.

Le travail quotidien de Watson est d’être le meilleur docteur au monde, de comprendre ce dont les gens se plaignent, avec leurs propres mots, et de poser des diagnostics exacts. Il fait déjà cela à Slone-Kettering, en donnant des conseils sur les soins des cancers du poumon.

Les Autos n’ont pas besoin d’être parfaites, juste de faire moins d’erreurs que les humains, et il en va de même pour les robots médecins.

Les médecins humains ne sont parfaits en aucun cas – la fréquence et la gravité des erreurs de diagnostic sont terrifiantes – et les médecins humains ont des limitations importantes quand ils doivent gérer l’historique médical complexe d’un patient. Comprendre les effets de chaque médicament et l’interaction de chaque médicament avec les autres est au-delà des capacités humaines.

En particulier quand l’intelligence artificielle appliquée à la recherche médicale teste des milliers de nouveaux médicaments.

Les docteurs humains ne peuvent s’améliorer qu’à travers leur propre expérience. Les robots médecins peuvent apprendre de chaque robot médecin. Ils peuvent lire les informations les plus récentes de la recherche médicale, garder une trace de tout ce qui se produit pour des patients dans le monde entier et en tirer des corrélations qui seraient impossible à faire autrement.

Bien sûr, tous les docteurs ne vont pas disparaître, mais, lorsque les robots médecins seront comparables aux médecins humains – et vous êtes aussi proche de cela que de votre téléphone – le besoin en médecins généralistes va diminuer.

C’est ainsi : les professions libérales, les cols blancs, les travailleurs peu qualifiés, tous ont quelque chose à craindre.

Mais peut-être êtes vous toujours serein parce que vous êtes une rareté, un créatif, un artiste. Devinez quoi ? Vous n’êtes pas si spécial.

Le travail créatif

La créativité peut apparaître comme de la magie, mais ce n’en est pas. Le cerveau est une machine compliquée – peut-être la plus complexe de l’univers – mais cela ne nous a pas empêché d’essayer de l’imiter.

De nombreuses personnes pensent que, de la même façon que nos muscles mécaniques nous ont permis de faire des travaux intellectuels, l’intelligence artificielle nous permettra de nous consacrer à des travaux créatifs. Pourtant, même en assumant que le cerveau humain est magiquement créatif – ce qu’il n’est pas, essayons juste de simplifier – la créativité artistique n’est pas ce qui est demandé dans la majorité des emplois. Le nombre d’écrivains, de poètes, de metteurs en scènes, d’acteurs et d’artistes qui gagnent réellement leur vie en faisant leur travail est une petite, toute petite portion des travailleurs. Et, puisque ces professions dépendent de la popularité, cela sera toujours une toute petite partie de la population.

Une économie basée sur la peinture et la poésie, cela ne peut pas exister.

Au fait ? Cette musique de fond que vous écoutez ? Elle a été écrite par un robot [ndt : elle est horripilante]. Le nom de ce robot est Emily Howel et « elle » peut écrire un nombre infini de musiques, toute la journée, gratuitement. Et les gens ne peuvent pas faire la différence entre elle et un compositeur humain dans un test à l’aveugle.

Parler de la créativité artificielle nous emmène rapidement dans l’étranger – qu’est-ce que cela peut même vouloir dire ? Néanmoins, c’est un champ en train de se développer.

On croyait que jouer aux échecs était un talent spécifique à l’homme que les machines ne pourraient jamais acquérir, mais elles ont battu les meilleurs d’entre nous. Il en va de même pour tous les talents humains.

Conclusion

D’accord: cela peut avoir été trop à ingurgiter, vous pourriez vouloir refuser tout cela – il est facile d’être cynique en rappelant les innombrables et stupides prédictions de futurs qui ne se sont jamais matérialisés. C’est pourquoi il est important d’insister encore : rien de tout cela n’est de la science fiction. L’intelligence artificielle et ses robots sont ici, maintenant. Il y a un nombre terrifiant d’automatisations fonctionnelles, dans les laboratoires comme dans les entrepôts qui prouvent la viabilité des concepts.

Nous avons déjà traversé des révolutions économiques, mais la révolution des robots est différente.

Les chevaux ne sont pas au chômage aujourd’hui parce que l’espèce est devenue paresseuse : ils ne peuvent plus être utilisés. Il y a peu de travaux qu’un cheval puisse effectuer, qui lui permette de gagner son fourrage et son hébergement.

Et beaucoup d’humains brillants, parfaitement capables de travailler se trouveront être les nouveaux chevaux : impossible à employer, sans y avoir aucune responsabilité.

Si vous pensez encore que de nouveaux emplois nous sauveront, voici un dernier point à considérer. Le recensement fait en 1176 aux Etats-Unis n’identifiait que peu de types d’emplois. Maintenant, il y a des centaines et des centaines de types d’emplois, mais les nouveaux de représentent pas une part significative de la force de travail.

Voici la liste des emplois, triés par le nombre de gens qui les exécutent. C’est une liste qui fait réfléchir, avec l’industrie du transport à son sommet. En descendant la liste, tous ces emplois existaient il y a un siècle, et tous sont en cours d’automatisation. C’est seulement à partir du numéro 33 que la liste montre quelque chose de nouveau.

Ne pensez même pas qu’il faudra que tous les serveurs et les employés de bureau perdent leur travail pour que les choses deviennent problématiques. Le taux de chômage durant la Grande Dépression était de 25%.

Cette liste représente plus de 45% des travailleurs. Nous parlons d’aujourd’hui, des automatisations qui fonctionnent déjà, qui peuvent chasser du marché du travail un grand nombre de personnes assez rapidement. Aussi, comme même dans notre royaume enchanté moderne et technologique, les nouveaux emplois ne sont pas importants, c’est un énorme problème.

La vidéo n’est pas pour dire que l’automatisation est mauvaise – plutôt qu’elle est inévitable. C’est un outil qui permet de produire abondamment pour un faible effort. Nous devons commencer à penser à ce qui se passera quand une large proportion de la population ne pourra plus être employée – sans aucune faute de sa part. Que faire dans un futur où, pour la plupart des emplois, il sera inutile de postuler quand on sera humain.